JAZZ À VIENNE – 40 ANS D’ÉMOTIONS : LE LIVRE

À l’occasion des 40 ans de Jazz à Vienne, le festival se replonge sur quatre décennies de musique, de rencontres et de fête !

L’année 2020 devait marquer les quarante ans d’existence de Jazz à Vienne. Or, l’édition tant espérée n’a pas eu lieu.

Sur les hauteurs du Rhône, l’amphithéâtre majestueux que les Romains nous ont légué est resté silencieux. Jazz à Vienne a souhaité profiter de ce moment particulier pour prendre le temps de revenir en arrière et d’écrire une histoire de son festival.

Jazz à Vienne 40 ans d'émotions LE LIVRE
Jazz à Vienne 40 ans d’émotions LE LIVRE

Vincent Bessières, journaliste, commissaire d’exposition et programmateur, en étroite collaboration avec Benjamin Tanguy, directeur artistique du festival, a réalisé un ouvrage retraçant 40 ans d’émotions, publié aux Editions Jazz & Cie.

Le livre Jazz à Vienne – 40 ans d’émotions revient sur les principaux temps forts qui ont rythmé l’événement, les stars qui ont marqué les esprits, les concerts mythiques, en passant par de nombreux témoignages d’artistes phares de la scène jazz actuelle passés sur le plateau du Théâtre Antique.

et à partir d’une sélection de documents emblématiques (photographies, affiches, autographes, etc.)

Gregory Porter, Marcus Miller, Rhoda Scott, Gilberto Gil, Dee Dee Bridgewater, Michael League, Avishai Cohen, Youn Sun Nah ou encore Sandra Nkaké ont, parmi d’autres, accepté de partager leurs souvenirs.

« J’ai toujours aimé l’atmosphère de Jazz à Vienne. C’est un endroit unique au monde. On adore cet endroit, on est traité comme des rois, et on adore y jouer parce que le public obtient le meilleur de nous. » – GEORGE BENSON

« Les souvenirs de ma première venue à Vienne sont un peu vagues. Je me rappelle avoir été impressionné par l’environnement de l’amphithéâtre. Chacun de mes passages à Vienne a été une expérience unique, et toujours très intense. » – GILBERTO GIL

« À Vienne, la perspective depuis la scène est différente de la plupart des endroits où l’on joue habituellement. J’ai compris que Vienne était un endroit hors norme lorsque j’ai vu que les gens restaient à nous écouter malgré la pluie qui tombait. » – KENNY GARRETT

« Je me rappelle bien de mon premier concert à Vienne en 1984. J’avais le trac. Le lieu nous paraissait immense ! Je pense que je n’avais jamais chanté devant tant de gens. C’est devenu l’une de mes scènes préférées. » – DEE DEE BRIDGEWATER

« L’amphithéâtre de Vienne est ma scène préférée au monde. » – AVISHAI COHEN

CONSULTEZ QUELQUES PAGES ICI

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Disponible en librairie le 3 juin 2021 – 24,90€.

Livre offert aux détenteurs du Pass Intégral Jazz à Vienne 2021.

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TINY HOUSE, Association Le Mas

TINY HOUSE : LANCEMENT D’UN FABULEUX PROJET

C’est l’histoire des TINY HOUSE… ici en Auvergne-Rhône-Alpes

Un mini-village pour mères isolées, appelé « La Base » et géré par l’Association Le Mas

1ER VILLAGE DE TINY HOUSE DE LA MÉTROPOLE DU GRAND LYON

UN PETIT COCON !

Économiques et confortables, 17 « Tiny Houses » offrent une halte à des Mamans et leurs Enfants de moins de 3 ans …51 personnes peuvent être accueillies dans ces mini-maisons installées le 2 mars 2021 par la Métropole de Lyon à Villeurbanne avec l’Association Le Mas… sur le parking d’une friche industrielle, où les bambins jouent aujourd’hui à faire des tours de vélo !

Chacune des Tiny Houses dispose d’une pièce de vie, éclairée par une large baie vitrée, avec un coin cuisine et un canapé-lit, d’une petite chambre occupée par deux lits superposés et une salle de douche avec toilettes

Sur un haut mur à l’entrée du site où était graffée une tête de mort, le street-artiste Don Mateo l’a recouverte d’un visage stylisé d’une mère couvant son enfant

Moins chères que l’hôtel et plus accueillantes : ces Tiny Houses permettent ainsi de loger depuis quelques semaines des femmes et leurs jeunes enfants, qui trouvent ici un « cocon » après un parcours d’errance

DES FLEURS SUR LE BALCON

« Merci à tous les acteurs du projet, l’Association Le Mas, à l’entreprise des possibles, aux services de La Métropole du Grand Lyon et de la ville de Villeurbanne, et enfin à l’artiste Don Mateo, auteur de cette belle fresque à l’entrée… Un changement de cap pour notre territoire, terre d’accueil et d’hospitalité », Bruno Bernard, Président du Grand Lyon et du SYTRAL RHONE

« Pour moi, ici, c’est le paradis car j’ai trouvé tout propre, adapté, avec un grand espace pour que les enfants puissent jouer », Imène, 21 ans, habitante du mini-village

« Mon fils de 8 ans m’a dit :Mais c’est une cabane !… je lui ai dit que c’était mieux que la rue ou l’hôtel », Angela, Albanaise de 25 ans et mère de deux enfants, dont la terrasse fleurie se distingue de celle des maisonnettes voisines. Angela qui avait « beaucoup changé d’endroits » depuis son arrivée en France en 2016… pourra rester ici au moins six mois

« Mes deux enfants ont trouvé des amis. On est comme une famille. Moi aussi, j’ai des amies, des personnes avec qui parler, échanger. Ça change tout », Esther, originaire de Kinshasa au Congo

« Ici c’est stable », Monia, mère de 37 ans, qui avait précédemment « déménagé d’un hôtel à l’autre »

« Les femmes se sentent vraiment bien dans leurs Tiny Houses car, même si c’est petit, on peut y recréer un cocon. On va y mettre des arbres et des plantations pour le rendre plus agréable. C’est une nouvelle politique publique qui évite les conflits d’usage, et nous souhaitons ancrer dans le territoire les femmes accueillies. Ces femmes sont toutes encore isolées et elles vont rester dans la métropole. J’ai donc envie qu’elles se sentent villeurbannaises et qu’elles soient considérées comme telles », Etienne Prime, un des responsables de l’Association Le Mas, qui assure la gestion du village

« L’objectif c’est d’être plus accueillant et plus hospitalier et trouver des solutions pérennes pour sortir de l’urgence. Cela nous coûte moins cher qu’un hôtel et, en termes de qualité de vie, de pouvoir cuisiner chez soi, ça change la donne. Sans compter qu’on peut offrir ici un meilleur accompagnement », Bruno Bernard, président EELV de la Métropole de Lyon

« Avec un coût unitaire de 29.000 euros et une durée de vie estimée à une quinzaine d’années, ces maisons minimalistes permettent de retrouver toute l’intimité et la dignité d’un chez-soi, contrairement à un hôtel. Une nuitée revient à 17 euros par personne dans une Tiny House contre 25 euros en hôtel », Renaud Payre, vice-président chargé de l’Habitat

« D’ici un mois, une grande TINY HOUSE sera installée ici et servira de lieu collectif. Une vie commune est déjà en train de se mettre en place. Les mères s’entraident et c’est très beau », Pierre Mercier, Directeur Général de l’Association Le Mas

« J’ai volontairement laissé l’expression du visage de cette femme à l’interprétation de chacun. Elle est triste et heureuse à la fois et chacun y met ce qu’il veut y voir. Ce mur blanc, recouvert d’une fresque immense représentant une maman qui protège son enfant, tous deux drapés dans une robe d’or… Tout un symbole. Le lieu reprend vie », Don Mateo

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© Guillaume Grasset

HERMÈS OUVRE SON MAGASIN DE LYON RÉNOVÉ

ET AGRANDI, ET RENFORCE AINSI

SES LIENS AVEC LA CAPITALE DE LA SOIE

Le vendredi 26 février 2021, Hermès rouvre à Lyon les portes de son magasin du 96, rue du Président-Édouard-Herriot. Agrandi et rénové, il témoigne de la vitalité de la relation entre Hermès et la région lyonnaise et marque le début d’une nouvelle histoire au cœur de la presqu’île

© Guillaume Grasset
© Guillaume Grasset

UNE HISTOIRE LYONNAISE

Arrivé à Lyon dans les années 50, Hermès est installé rue du Président-Édouard-Herriot depuis 1987. Aujourd’hui, le magasin métamorphosé occupe une surface de 313 m2, qui s’étire et se déploie sur l’angle de la rue des Archers. À l’instar des autres magasins dans le monde, son aménagement résulte de la rencontre des codes architecturaux caractéristiques du magasin historique du Faubourg Saint-Honoré avec les singularités des lieux où ils s’implantent. Ici, l’architecture intérieure conçue par l’agence RDAI rend hommage aux liens qu’Hermès est fier de tisser depuis 1948 avec le pays des soyeux lyonnais, berceau de l’activité textile en France dont l’expertise est reconnue dans le monde entier

Avec plus de 860 collaborateurs au sein de la Holding Textile Hermès, la maison maîtrise l’ensemble des savoir-faire textiles – de la création à la confection en passant par le tissage, la gravure, l’impression, la teinture et les apprêts. Grâce à cette filière intégrée, profondément ancrée dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et qui poursuit son développement, Hermès continue de développer savoir-faire et créativité pour fabriquer ses collections d’objets imprimés en soie, en coton ou en cachemire

Symbole de cet artisanat, un motif inédit imaginé par RDAI et développé en étroite collaboration avec l’éditeur de tissus Métaphores*, interprétation contemporaine de la brocatelle – étoffe tissée, détissée puis retissée selon la méthode Jacquard traditionnelle –, est reproduit en relief ou en creux sur un tissu mural, une boiserie ou un staff. Ces vastes ramages répétés à l’infini, dans un camaïeu de teintes chaudes, forment une piste à suivre au cœur du magasin pour découvrir la diversité des collections de la maison

Dès l’entrée, l’ex-libris emblématique de la maison parisienne et un tapis de mosaïque géométrique Motif Faubourg invitent à cheminer d’un univers à l’autre dans un glissement chromatique allant du jaune au rouge, notes subtiles accordées aux nuances de la pierre de Bourgogne et dédiées à chacun des métiers d’Hermès. Avec douze vitrines cintrées, ce nouvel espace double ses ouvertures sur la ville. Les couleurs et l’audace des créations, dont celles inspirées par le thème 2021 « Une odyssée », sont révélées dans une atmosphère chaleureuse, et soulignées par les « Grecques », luminaires à méandres dessinés pour Hermès en 1925

© Guillaume Grasset
© Guillaume Grasset

UNE IMMERSION DANS L’UNIVERS D’HERMÈS

Le visiteur découvre tout d’abord l’univers foisonnant aux multiples tonalités des accessoires bijoux et de la soie féminine, imprimée « à la lyonnaise » dans les ateliers Hermès de Pierre-Bénite. Le nouveau métier de la Beauté trouve sa place aux côtés des collections de parfums, invitant la clientèle lyonnaise à découvrir l’élégance singulière des nuances de la collection de rouges à lèvres

Métiers emblématiques de la maison, les sacs, les bagages et l’équitation, façonnés dans les plus beaux cuirs, sont présentés au cœur du magasin, à côté de l’univers masculin déployé dans une ambiance chromatique tabac, caramel et cuir. Baigné par la lumière naturelle d’une verrière, le salon dédié au prêt-à-porter et aux chaussures pour femme est habillé, tel un boudoir, d’un délicat tissu rose poudré au motif « brocatelle »

À droite de l’entrée, dans l’angle formé par l’extension du magasin, les objets pour la maison – collections d’arts de la table, d’art de vivre et de mobilier – précèdent un vaste espace qui s’étire le long de la rue des Archers. Habillé d’un tissu jacquard éclatant, vive déclinaison du motif « brocatelle », il accueille les collections graphiques, singulières et intemporelles d’horlogerie et de bijouterie

Plus d’une cinquantaine d’œuvres issues de la collection Émile Hermès et de la collection Hermès de photographies contemporaines sont accrochées dans le magasin. Indiennes ou estampes, huiles sur toile ou photographies, elles rendent hommage au cheval et à la nature, chers à la maison et source d’inspiration de ses objets artisanaux, et mettent en lumière l’histoire des tissus

À l’occasion de cette réouverture, Hermès propose une coloration exclusive du carré Jaguar quetzal de l’artiste anglaise Alice Shirley, en série limitée et dont les bénéfices seront versés à l’association Espérance Banlieues

Hermès est très heureux d’inviter sa clientèle fidèle et ses nouveaux visiteurs à partager une expérience inédite, dans un décor chaleureux au cœur de la presqu’ île lyonnaise. Ce magasin conjugue en un lieu unique l’innovation, la créativité et les savoir-faire d’excellence de la maison parisienne qui résonnent avec l’histoire singulière de la ville de Lyon, forgée par la création textile

* Métaphores est une société de la Holding Textile Hermès

La troisième saison des podcasts du « Monde d’Hermès » propose, sous forme de fiction, une série d’épisodes intitulée « Les Enquêtes de Pénélope ». En écho à son thème 2021, « Une odyssée », Hermès invite l’auditeur à suivre le personnage de Pénélope à travers le monde lors de mystérieuses investigations. Le premier épisode « Une Délicate Filature », emmène Pénélope dans le magasin de Lyon et les ateliers Hermès de Pierre-Bénite, sur la piste d’un énigmatique carré…

À DÉCOUVRIR DÈS LE 25 FÉVRIER, EN FRANÇAIS ET ANGLAIS SUR HERMES.COM

Depuis 1837, Hermès reste fidèle à son modèle artisanal et à ses valeurs humanistes. La liberté de création, la recherche permanente des plus belles matières, la transmission des savoir-faire d’excellence et l’esthétique de la fonction forgent la singularité d’Hermès, maison d’objets créés pour durer. Maison familiale indépendante, Hermès s’attache à conserver l’essentiel de sa production en France au sein de ses 43 manufactures tout en développant son réseau de 311 magasins dans 45 pays. Le groupe emploie plus de 15 600 personnes dans le monde, dont plus de 9 700 en France, parmi lesquelles près de 5 250 artisans*

Hermès est dirigé depuis 2013 par Axel Dumas, membre de la 6e génération. Fondée en 2008, la Fondation d’entreprise Hermès soutient des projets dans les domaines de la création artistique, la formation et la transmission des savoir-faire, la biodiversité et la préservation des environnements

Hermès Lyon. 96, rue du Président-Édouard-Herriot 69002 Lyon

Hermès International. 24, rue du Faubourg Saint-Honoré 75008 Paris

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JEAN-PIERRE ET LUC DARDENNE : 12E PRIX LUMIERE

Des courts aux longs métrages, en passant par les documentaires, Jean-Pierre et Luc Dardenne sont fidèles à ce qui a construit leur cinéma : les bords de Meuse, les grandes luttes ouvrières, l’engagement social et humain. Metteurs en scène célébrés sur la scène internationale, ils ont posé leur regard singulier sur le monde, créant une œuvre puissante, criante de vérité.

« Nous sommes très honorés de recevoir ce Prix Lumière 2020, ont déclaré Jean-Pierre et Luc Dardenne. Pour nous, deux frères cinéastes, ce prix recèle une émotion particulière. Il nous met en contact avec la fraternité originelle du cinéma, avec les deux frères qui ont filmé pour la première fois des corps, des visages d’hommes et de femmes, d’ouvriers et d’ouvrières sortant de leurs ateliers. Plus d’un siècle après, nous filmons des corps, des visages qui sont les descendants de ceux filmés par les frères Lumière et nous essayons chaque fois de les filmer comme si c’était la première fois. Ce sera magnifique de recevoir ce prix dans le cadre du festival qui fait dialoguer, comme nulle part ailleurs, le patrimoine mondial du cinéma et le public d’aujourd’hui. Vive le cinéma ! Vive la vie ! »

Le cinéma des Dardenne, c’est aussi une impressionnante galerie d’actrices et d’acteurs, Émilie Dequenne, Olivier Gourmet, Jérémie Renier, Fabrizio Rongione ou Déborah François qu’ils révèlent, comme Arta Dobroshi ou le jeune Idir Ben Addi dans leur dernier film. Ces dernières années, les plus grandes comédiennes d’aujourd’hui, Cécile de France, Marion Cotillard, Adèle Haenel, sont venues rejoindre les réalisateurs, leur monde, et cette véritable famille de cinéma qu’ils ont construite depuis des années.

Pour Bertrand Tavernier, président de l’Institut Lumière qui organise le festival :

« C’est une immense joie que de décerner ce Prix Lumière aux frères Dardenne, c’est aussi une évidence dans l’époque que nous traversons. Avec passion, une constance qui fait penser à celle d’Orwell, une formidable empathie pour les éclopés, à l’écart des diktats de la mode ou du box-office, les films de Jean-Pierre et Luc Dardenne explorent la vie de ceux qui dégustent, victimes des crises, de la mondialisation, prisonniers de l’intolérance religieuse, de ces « misérables » sur lesquels s’étaient penché Hugo. Et qui résistent à leur manière, violemment, maladroitement, tendrement. Les deux frères cinéastes le font avec brio, avec talent, avec une attention à la morale des choses, nous faisant découvrir d’immenses acteurs et nous prouvant que ce que l’on regarde, surtout si on le fait avec cette humanité, compte autant que le regard lui-même. »

Célèbres pour leur parole tranchée et leurs prises de position humanistes, mais aussi pour leur humour et leur passion contagieuse, Jean-Pierre et Luc Dardenne ont reçu le Prix Lumière lors de la 12e édition du festival Lumière.

Metteurs en scène précis et uniques, révélateurs de talents, les frères Dardenne marquent le cinéma contemporain de leur regard puissant. Une poétique de la réalité poussée à son paroxysme, en écho à leur origine de documentaristes. Célébrés sur la scène internationale, ils sont lauréats de deux Palmes d’or et de nombreux autres prix. Une rétrospective pour célébrer l’œuvre de Jean-Pierre et Luc Dardenne pour ce qu’elle est : humaniste, forte, engagée, tournée vers la jeune génération et criante de vérité.

  Entourés de l’actrice de Rosetta Emilie Dequenne, de Christine Plenus la photographe de plateau qui les suit depuis leurs débuts, de leur producteur Denis Freyd, de leurs distributeurs en France et à l’international Michel Saint-Jean et Vincent Maraval, Jean-Pierre et Luc Dardenne ont reçu le 12e Prix Lumière remis par le festival Lumière, à l’occasion de sa 12e édition, hier, vendredi 16 octobre  

Sur scène, les artistes Jeanne Cherhal, Gabriel Yared et Thomas Dutronc, sont chacun venus célébrer l’oeuvre des deux frères en musique.
Plus tôt dans la soirée, Jérémie Renier a dit sa reconnaissance, son admiration et son amour pour les cinéastes qui l’on révélé, en 1996, avec La Promesse.   
« Merci tellement aux frères. Rosetta était ma naissance en tant qu’actrice« . Émilie Dequenne, lauréate du Prix d’interprétation cannois pour ce premier rôle, a rendu un vibrant hommage à ses « parents de cinéma ». 

  « Le cinéma fabrique des armes de construction massive et celles des frères Dardenne en sont foudroyantes. »

Bertrand Tavernier, le Président de l’Institut Lumière, a écrit un puissant éloge sur le cinéma des deux frères, lu sur scène par Thierry Frémaux.

Un texte qui s’est achevé avec une citation des misérables. En juillet, le cinéaste écrivait déjà : « Ils explorent la vie de ceux qui dégustent, victimes des crises, de la mondialisation, prisonniers de l’intolérance religieuse, de ces “misérables” sur lesquels s’étaient penché Hugo. »   

L’Amphithéâtre du Centre de Congrés de Lyon vibrait sous les applaudissements du public, lorsque sont arrivés sur scène Jean-Pierre et Luc Dardenne pour recevoir leurs Prix.   

« Ce Prix symbolise l’héritage des frères Lumière. Filmer la vie, son intensité, sa mobilité. Lorsque l’on filme Rosetta, on essaie de faire en sorte qu’elle soit vivante. »

Les frères Dardenne, cinéastes du réel et de la vérité, inscrivent leur oeuvre, film après film, dans l’héritage des frères lyonnais qui ont documenté la vie à la fin du XIXe. 

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LUMIERE 2020 : A BOUT DE SOUFFLE

Lumière accueille cette année une grande partie de la section Cannes Classics, la sélection de films restaurés du Festival de Cannes.

Les 20 ans de  In the Mood for Love de Wong Kar-wai, les 60 ans d’À bout de souffle et de L’avventura, des grands auteurs (Federico Fellini, Pier Paolo Pasolini), des redécouvertes des éditions de Cannes des décennies 60, 70 et 80,  le premier film de Melvin Van Peebles  et d’autres trésors du cinéma à revoir  ou à découvrir.

À Marseille, Michel Poiccard (Jean-Paul Belmondo) vole une voiture américaine : direction Paris. Sur la route, il est bientôt pris en chasse par un motard. Paniqué, Michel l’abat et s’enfuit. Le lendemain, à Paris, il rencontre une jeune Américaine, Patricia (Jean Seberg), avec laquelle il a une liaison.

En partant d’un scénario écrit par François Truffaut, Godard compose un film semi-improvisé, bardé de références au cinéma américain et formellement insolent. Le noir & blanc rugueux de Raoul Coutard souligne une course en avant, mêlée de crimes et d’histoires d’amour.

Lauréat du prix Jean Vigo 1960, le film connaît un succès immédiat qui élève Jean-Paul Belmondo, Jean Seberg et Jean-Luc Godard au rang d’icônes.

« À bout de souffle nous révèle un incontestable, un très grand talent. Jean-Luc Godard, qui n’a pas trente ans est une « bête de cinéma ». Il a le film dans la peau. […] Sur le plan technique, aucun moins-de-trente-ans n’avait encore récemment jeté bas avec une telle maestria les vieux échafaudages. Godard a flanqué au feu toutes les grammaires du cinéma et autres syntaxes du film. » (Georges Sadoul, Les Lettres françaises, 31 mars 1960)

Réinvention du cinéma, montage neuf, explosion de tous les principes, désinvolture absolue… À bout de souffle est un éclair radical dans le cinéma français. À la fin des années 50, ce film marque le début de la « modernité », de la Nouvelle Vague, de la légende Godard.

Cette œuvre est aussi une plongée intimiste, presque documentaire, entre polar et nihilisme, dans un Paris romantique.

« Godard a été le plus grand dynamiteur des structures anciennes. Son œuvre incandescente est une gerbe de fusées contre le cinéma desséché des temps morts. Cette écriture d’un modernisme triomphant et narcissique, ne cesse de signifier le moment premier du cinéma qui s’invente. Elle signale à chaque instant, dans chacun de ses procédés, que le film est une entreprise intense ». (Jean-Claude Bonnet, Cinématographe n°37, avril 1978)

À bout de souffle France, 1960, 1h29, noir et blanc, format 1.33

Réalisation, scénario et dialogues Jean-Luc Godard d’après un scénario original de François Truffaut

Photo Raoul Coutard

Musique Martial Solal, Wolfgang Amadeus Mozart

Montage Cécile Decugis

Production Georges de Beauregard, Société Nouvelle de Cinématographie, Imperia Films

Interprètes Jean-Paul Belmondo (Michel Poiccard), Jean Seberg (Patricia Franchini), Henri-Jacques Huet (Antonio Berutti), Daniel Boulanger (l’inspecteur Vital), Roger Hanin (Carl Zombach), Jean-Pierre Melville (l’écrivain Parvulesco), Van Doude (le journaliste américain), Michel Fabre (l’adjoint de l’inspecteur Vital), Richard Balducci (Luis Tomatchoff), Claude Mansard (Claudius Mansart), Liliane David (Liliane)

Sortie en France 16 mars 1960

Présentation à la Berlinale juin 1960

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LUMIERE 2020 – DEUX JOURS, UNE NUIT

Vendredi. Sommés par leur patron de choisir entre leur prime de fin d’année et le maintien du poste de Sandra (Marion Cotillard), les seize collègues de la jeune femme ont tous choisi leur prime

Sandra, motivée par son mari Manu (Fabrizio Rongione), convainc son patron d’attendre lundi pour faire à nouveau voter l’équipe. Elle a un week-end pour persuader ses collègues de la laisser garder son emploi

Dans son très beau livre, Sur l’affaire humaine (Seuil), Luc Dardenne écrit :

« Comment sortir de la peur de mourir sans tuer ? Voilà l’affaire humaine. »

Tous les films des frères racontent cette affaire humaine et tous, celui-ci plus encore que les précédents, répondent comme Luc :

« Devenir vivant et s’aimer, s’aimer soi-même et aimer l’autre, c’est-à-dire s’aimer comme séparés. Voilà le dénouement possible de l’affaire humaine. » (Jean-Dominique Nuttens, Positif n°639, mai 2014)

Né de la lecture de la nouvelle Le Désarroi du délégué, issue de La Misère du monde de Pierre Bourdieu, et de nombreux articles dans la presse internationale, Deux jours, une nuit est un portrait de femme en temps de crise, et celui, en creux, d’une société qui met les siens en concurrence – une concurrence d’une rare violence.

Marion Cotillard, nouvelle venue dans le cinéma des frères Dardenne, campe Sandra. Sortant de dépression, absente de son entreprise, elle est battue d’avance. Elle est exclue car perçue comme « non-performante ». Portée par un mari aimant (Fabrizio Rongione, un fidèle de la tribu des cinéastes), Sandra décide de se battre. Et comme partie en campagne électorale pour elle-même, elle fait du porte-à-porte

Rencontrant ses collègues un à un, elle leur répète les mêmes mots, avance les mêmes arguments. Mais chaque rencontre est différente : les regards, le décor, la réponse. Car il n’y a ni bons, ni méchants, seulement des humains qui ont tous une bonne raison de faire leur choix

Rencontre entre recherche d’un réalisme brutal et écriture dramatique ciselée, Deux jours, une nuit ajoute la notion de suspense à l’œuvre des Dardenne, sans jamais trahir leur engagement, toujours extrêmement fort, pour leur sujet.

« Il y a cette force supérieure qui anime depuis toujours les Dardenne, une forme d’empathie dans le regard, une expérience du monde qui fait qu’aucune scène, même la plus mélodramatique, ne paraîtra jamais fabriquée ou artificielle. Appelons cela le cœur intelligent. » (Romain Blondeau, Les Inrockuptibles, 21 mai 2014)

Deux jours, une nuit Belgique, France, Italie, 2014, 1h35, couleurs, format 1.85

Réalisation & scénario Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne

Photo Alain Marcoen

Montage Marie-Hélène Dozo

Musique Petula Clark, Van Morrison, The Cousins, Olibwoy

Décors Igor Gabriel

Costumes Maïra Ramedhan-Levi

Production Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne, Denis Freyd, Les Films du Fleuve, Archipel 35, Bim Distribuzione, Eyeworks Film & TV Drama, France 2 Cinéma, RTBF, Belgacom

Interprètes Marion Cotillard (Sandra), Fabrizio Rongione (Manu), Catherine Salée (Juliette), Baptiste Sornin (M. Dumont), Pili Groyne (Estelle), Simon Caudry (Maxime), Alain Eloy (Willy), Lara Persain (la femme de Willy), Myriem Akheddiou (Mireille)

Présentation au Festival de Cannes 20 mai 2014

Sortie en Belgique 21 mai 2014

Sortie en France 21 mai 2014

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LUMIERE 2020 – LE GAMIN AU VÉLO

Cyril (Thomas Doret), bientôt 12 ans, n’a qu’une idée en tête : retrouver son père (Jérémie Renier) qui l’a placé provisoirement dans un foyer pour enfants. Il rencontre par hasard Samantha (Cécile de France), patronne d’un salon de coiffure, qui accepte de l’accueillir chez elle pendant les week-ends.

« Soir du premier jour de tournage. Cyril existe. Premier plan où il mord et fuit. C’est lui : mordre, fuir et suivre, fuir pour suivre celui duquel il ne peut se décrocher : son père. » (Luc Dardenne, Au dos de nos images II, 20052014, Seuil)

Poings serrés au fond des poches, air bagarreur, Cyril (prodigieux Thomas Doret, alors débutant) a en lui une colère indomptable, une rage dont il est prisonnier. Mené par une idée fixe (retrouver son père, retrouver l’amour), il fait les mauvaises rencontres et bascule peu à peu dans la délinquance.

Le Gamin au vélo tient du récit initiatique :

« On a eu envie de bâtir le film comme une sorte de conte. Avec des méchants qui font perdre au garçon ses illusions et Samantha qui apparaît un peu comme une fée. À un moment, on a même pensé fugitivement appeler le film Conte de notre temps. » (Jean-Pierre Dardenne)

Si Jean-Pierre et Luc Dardenne sont ici fidèles à leurs obsessions (les rapports filiaux, une façon brute de saisir les sentiments), ils ne manquent pas de se réinventer.

Pour la première fois, ils tournent en été, offrant à leur image davantage de lumière et de douceur.

Ils choisissent également une actrice confirmée pour le rôle de Samantha : Cécile de France est leur premier personnage à ce point solaire. Et quelques notes élégiaques du concerto de Beethoven, L’Empereur, ponctuent le récit.

Une nouveauté. Le Gamin au vélo est un film émouvant, mais qui ne verse jamais dans la sensiblerie : l’ellipse comme figure de style, rempart des frères Dardenne contre le mélo.

« La place qui est donnée ici à l’émotion n’a pas à être invalidée au motif que les films contemporains sont si prudents qu’ils la tuent en la dosant (peur d’en faire trop, ou pas assez). L’émotion dans ce film n’est pas l’effusion programmée, mais vient plutôt de la composition organique de ce système : avancer, se cogner, avancer toujours, agir, faire des choses et soudain il y a simplement un temps d’arrêt qui survient, imprévu, où quelque chose jaillit dans cette course, ce principe d’action continue, de dépense d’énergie, Cyril qui pédale et pédale, ce gamin dont le père ne veut plus s’occuper, qu’une fille recueille comme ça, pour rien, et ces deux-là finissent par se trouver bien ensemble, il y a un moment où ça s’arrête et l’on sent un instant quel mal parfois on fait aux gosses. »

(Jean-Philippe Tessé,  Cahiers du cinéma n°667, mai 2011)

Le Gamin au vélo Belgique, France, Italie, 2011, 1h27, couleurs, format 1.85

Réalisation & scénario Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne

Photo Alain Marcoen

Montage Marie-Hélène Dozo

Musique Ludwig van Beethoven

Décors Igor Gabriel

Costumes Maïra Ramedhan-Levi

Production Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne, Denis Freyd, Les Films du Fleuve, Archipel 35, Lucky Red, France 2 Cinéma, RTBF, Belgacom

Interprètes Cécile de France (Samantha), Thomas Doret (Cyril), Jérémie Renier (Guy Catoul), Fabrizio Rongione (le libraire), Egon Di Mateo (Wes), Olivier Gourmet (le patron du café)

Présentation au Festival de Cannes 15 mai 2011

Sortie en Belgique 18 mai 2011

Sortie en France 18 mai 2011

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LUMIERE & L’INSERTION PROFESSIONNELLE

Le festival Lumière participe à l’insertion professionnelle des réfugiés et des personnes en situation de précarité

Le festival Lumière, en lien avec la Préfecture du Rhône et, aujourd’hui, la Préfecture de Région, organise une opération, dans le cadre de la quinzaine de l’intégration, visant à permettre aux personnes réfugiées, de se rapprocher de l’emploi depuis 2012.

Le principe est de proposer à des personnes accompagnées par des structures d’insertion d’être intégrées aux équipes de bénévoles durant le festival de cinéma Lumière. Cette action a, depuis quelques années, favorisé la diversité de la participation des citoyens à l’organisation du festival, la mise en œuvre de compétences spécifiques dans le cadre de parcours d’insertion professionnelle, la création de liens et la valorisation des personnes et de leur place sur le territoire qui les accueille et où elles habitent. Par ailleurs, une mise en lien avec des entreprises partenaires (EDF et groupe Adéquat) est organisée à l’issue du festival (rencontres entreprise, présentation métiers, job dating, offres de stages et autres contrats de travail).

Les bénévoles suivent une formation de deux heures, voire plus, à leur mission. Le festival Lumière les accompagne sur le terrain pour veiller à leur bonne intégration et au bon déroulé de leurs missions, en lien avec les équipes du festival.

Le festival vise aussi à offrir une ouverture culturelle à ces bénévoles. Ils bénéficient d’une visite guidée du musée Lumière, d’un atelier en lien avec le cinéma et de séances de cinéma préparées.

En 2019, presque 150 personnes, dont 20 venues de Clermont Ferrand et du Puy-de-Dôme ont participé à l’action !

En 2020, de nombreuses associations et leurs membres s’engagent pour participer à l’organisation et au déroulement du festival mobilisant différents publics :

  • Personnes réfugiées : Forum réfugiés Rhône et Clermont-Ferrand, Singa, Passerelles Buissonnières, Ifra, Côté Projets, Langues comme une
  • MNA : foyers Matter
  • Personnes placées sous main de justice : Programme Devenirs
  • ASE : sauvegarde de l’enfance
  • Jeunes adultes (18-25 ans) en ruptures : l’Epide
  • Personnes en situation de handicap psychique : Clubhouse Lyon
  • Tout public (demandeurs d’emploi, jeunes, adultes…) : Ifra Cultur’ailes, Pôle Emploi, Mission Locale (via la maison Lyon pour l’emploi)

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LUMIERE 2020 – LA CHAIR ET LE DIABLE

Visite au cinéma muet avec, au programme, deux ciné-concerts au sein de l’Auditorium de Lyon : La Chair et le Diable de Clarence Brown, début de la fructueuse collaboration entre le cinéaste et la divine Greta Garbo, accompagné par l’Orchestre national de Lyon sous la direction de Timothy Brock, sur une musique de Carl Davis, et La Femme et le pantin de Jacques de Baroncelli, accompagné à l’orgue par Paul Goussot.

LA CHAIR ET LA DIABLE – 1926 – FLESH AND THE DEVILDE

Elèves-officiers, Leo von Harden (John Gilbert) et Ulrich von Eltz (Lars Hanson) sont amis depuis l’enfance. Lorsqu’il rencontre Felicitas (Greta Garbo), Leo succombe immédiatement à sa beauté renversante.

Naît alors une folle passion entre les deux amants, qui un soir sont surpris par le mari de Felicitas. Le duel est inévitable, le mari meurt et Leo est envoyé pour cinq ans en Afrique. Ulrich doit veiller sur la veuve pendant l’absence de son ami…

« Greta Garbo avait quelque chose que personne n’avait jamais eue à l’écran. Personne. Je ne sais pas si elle était consciente qu’elle l’avait, mais elle l’avait. […] Pour moi, Garbo commence là où tous les autres s’arrêtent. » (Clarence Brown, cité par Kevin Brownlow, La parade est passée, Actes Sud / Institut Lumière)

La Chair et le Diable est un tournant. Premier film de Clarence Brown pour la MGM, au sein de laquelle il restera plus de vingt ans, mais aussi premier des sept films qu’il tournera avec Greta Garbo, récemment arrivée d’Europe. Et sans doute, le film qui la confirme en tant que star.

Clarence Brown offre ici à celle que l’on nommera bientôt « La Divine » un superbe écrin. L’image et la lumière (la scène de la cigarette éclairée à l’ampoule cachée) participent d’une parfaite beauté plastique, le montage subtil exalte le tempo des mouvements, les gros plans et les détails disent l’action à la place des cartons (le liseré noir sur le mouchoir annonçant le deuil…).

Dans ce tragique triangle amoureux, Greta Garbo joue a égalité avec les hommes, inversant parfois les rôles et dominant le jeu de séduction.

Clarence Brown ignore la censure, tournant des scènes à l’érotisme chargé de symboles, d’une audace troublante pour l’époque : dans une église, Garbo tourne le calice tendu par le prêtre pour y boire du côté touché par les lèvres de Gilbert ; la scène où, lovés l’un contre l’autre, les deux amants, sur le point de s’embrasser, partagent une cigarette…1h52, noir et blanc, format 1.33

Réalisation Clarence Brown

Scénario Benjamin Glazer, d’après le roman « L’indestructible passé de Hermann Sudermann »

Photo William Daniels / Montage Lloyd Nosler / Décors Fredric Hope, Cedric Gibbons / Production M.G.M

Interprètes John Gilbert (Leo von Harden), Greta Garbo (Felicitas), Lars Hanson (Ulrich von Eltz), Barbara Kent (Hertha), William Orlamond (l’oncle Kutowski), George Fawcett (le pasteur Voss), Eugnie Besserer (la mère de Leo), Marc MacDermott (Count von Rhaden), Marcelle Corday (Minna)

Sortie aux Etats-Unis 25 décembre 1926 / Sortie en France novembre 1928 / En partenariat avec Warner Bros

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LE PETIT NICE PASSEDAT : EDEN EN MEDITERRANEE

LE PETIT NICE PASSEDAT : UNE EXPERIENCE LUDIQUE

Le Petit Nice Passédat, c’est

  • 3 générations de chefs cuisiniers
  • 3 étoiles au Guide Michelin
  • un hôtel 5 étoiles

…Et…

C’est aussi …

Jouer avec « Ayrton » dans la piscine à l’eau de mer !

Une course-poursuite avec « Léonce » jusqu’au Solarium

  • Ayrton, c’est le petit chien d’Ora Ito
  • Léonce, c’est le bouledogue français de Gérald Passedat

EXPERIENCES SENSORIELLES ET LUDIQUES
CET ETE EN MEDITERRANNEE

Le Petit Nice, c’est aussi la blancheur des calanques de Marseille en inspiration dans chaque univers perceptible avec en couleur, le bleu du ciel et de la mer, les voiles de bateaux aux teintes orange, la générosité du soleil

PLONGER SA TÊTE DANS L’EAU SUR LE FOND TURQUOISE DE LA PISCINE

COMME UN POISSON, NAGER LES YEUX GRANDS OUVERTS

Le Petit Nice, c’est une histoire d’enfants devenus grands, une histoire d’artistes passionnés

SUCCESS STORY

Gérald Passedat est l’héritier d’une dynastie d’artistes et de cuisiniers :

  • Lucie Passedat, sa grand-mère, soprano célèbre du début du siècle, était muse de Louis Lumière (lyonnais et fondateur du cinéma avec son frère Auguste)
  • Son père, Jean-Paul, à la fois chanteur lyrique et cuisinier !

Gérald Passedat a hérité le goût du beau, le sens du rythme, l’amour des choses bien faites.

« MES TRESORS DE MEDITERRANNEE »

Depuis plus de 30 ans, la cuisine de Gérald Passedat n’a de cesse d’explorer les terres et les rivages de la Provence et de la Méditerranée. Baigné dans la culture de la diète méditerranéenne et la cuisine du peu, sa précision et son épure se sont concentrés sur le travail autour des poissons de Méditerranée.

Que ce soit dans son travail quotidien avec les pêcheurs artisanaux, le travail intensif pour la valorisation de la biodiversité des espèces ainsi que dans la palette de techniques déployées pour les sublimer.

Gérald Passedat s’est imposé comme le spécialiste du poisson méditerranéen. Plongée dans son univers maritime singulier.

UNE VIE AU BORD DE LA MER
« JE PASSAIS MA VIE À LA MER. LE PARFUM DE L’IODE ÉTAIT OMNIPRÉSENT »

Gérald Passedat est né au Petit-Nice, face à la Méditerranée, avec au large les îles du Frioul, le Château d’If, l’île Gaby. Aussi loin qu’il se souvienne, il a toujours eu la mer à portée de main, faisant partie de tous les instants de sa vie. « Je passais ma vie à la mer », se souvient le Chef.

« Le parfum de l’iode était omniprésent ». Dans ses origines, du côté de sa grand-mère italienne, il y a bien sûr un grand-oncle pêcheur, originaire de Rapallo. Dans ses souvenirs, parties de pêche, balades en bateau, baignades dans les Calanques : c’est la mer qui fait le lien de tout son univers. L’essentiel de la cuisine de Gérald Passedat provient de ce qui s’étend devant lui tous les matins, l’endroit d’où il puise force et vitalité : LA MÉDITERRANÉE.

CHEZ MICHEL GUÉRARD, J’AI RETENU LA LÉGÈRETÉ ET L’IMPORTANCE DE LA DIGESTIBILITÉ DES PLATS. DE JEAN ET PIERRE TROISGROS, IL ME RESTE LE TRAVAIL SUR LES SAUCES ET LES SUCS, AINSI QUE L’IMPORTANCE DES TEMPS DE REPOS.

LA CONSTRUCTION D’UNE IDENTITE CULINAIRE PERSONNELLE

Dans son premier ouvrage consacré justement à son travail autour des poissons, Gérald Passedat révélait avoir construit son menu comme une plongée sous-marine, un voyage initiatique maritime tel qu’il l’a vécu :

« GAMIN, TU JOUES D’ABORD SUR LES ROCHERS, CURIEUX DE TOUT CE QUI DÉPASSE. TU GLANES MOULES, VIOLETS, OURSINS…

PUIS, TU UTILISES TON PREMIER MASQUE, À LA DÉCOUVERTE, DES PETITS CRUSTACÉS, DES POISSONS DE ROCHE, AVANT DE T’ENFONCER PLUS PROFOND, EN APNÉE, PUIS AVEC DES BOUTEILLES, EN QUÊTE DES GROS POISSONS. »

C’est tout cet univers qu’il choisira d’explorer bien des années plus tard, après sa formation marquée par ses passages chez Michel Guérard ainsi que Jean et Pierre Troisgros. Du premier, il retient l’élégance et la légèreté. Des deuxièmes, chez qui il fut chef-saucier, c’est la maîtrise des sucs, des réductions, des concentrations ainsi que de l’importance du repos des chairs qui l’inspireront de retour à Marseille.

« Chez Michel Guérard, j’ai retenu la légèreté et l’importance de la digestibilité des plats. De Jean et Pierre Troisgros, il me reste le travail sur les sauces et les sucs, ainsi que l’importance des temps de repos. » Il restait à appliquer aux poissons de Méditerranée les techniques que la cuisine française traditionnelle réservait jusqu’alors à la viande….

SES TRESORS DE MEDITERRANEE

Dans les années 80, les plus beaux spécimens des poissons de Méditerranée montait directement à Paris servir les plus belles tables… Sur les étals des poissonniers de la région restaient donc essentiellement les poissons mal-aimés, comme le saran, le verdaou, la barbarelle, le canthe (dorade noire), le marbré (dorade), la liche, la vieille… Des poissons si méprisés qu’ils n’ont de noms que vernaculaires, souvent absents du dictionnaire, alors qu’ils peuvent devenir, par la magie du cuisinier, de vrais trésors de goût. Gérald Passedat l’a toujours affirmé : les poissons méconnus sont les plus passionnants à travailler, nécessitant pour donner leur quintessence de s’écarter des sentiers battus.

Quand les palais raffinés ne juraient que par le cabillaud ou le saumon, Gérald Passedat a su imposer dans le domaine de la gastronomie ses « trésors de Méditerranée » comme il aime à surnommer la pélamide, le muge, la baliste ou la liche, quelques-unes de la soixantaine d’espèces fréquemment présentes à la carte du Petit Nice et qui ont toutes leur singularité.

LES POISSONS ONT TOUS LEUR ODEUR, LEUR TEXTURE ET LEUR GOÛT BIEN DISTINCT.

QUAND ILS SORTENT DE L’EAU, LES POISSONS SENTENT BON : UN POISSON DE ROCHE SENT LA PROFONDEUR, LA GIRELLE SENT L’ALGUE ET LE SABLE, CAR ELLE A ÉVOLUÉ DANS LES POSIDONIES, LES POISSONS DE HAUTE MER, COMME LE LOUP OU LE DENTI, SONT TRÈS IODÉS…

QUAND AU ROUGET, CE N’EST PAS POUR RIEN QU’ON LA SURNOMME BÉCASSE DE MER, CAR ELLE ÉVOQUE À LA FOIS LA ROCHE ET LE GIBIER !

A : Anchois Anémone

B : Badasque Baliste Baudroie Bavarelle Beaux yeux Biar Blade Bogue Bonite Bœuf Brême

C : Calambo Canthe Capelan Castagnole Chambris Chapon Cigale Congre Corbe

D : Daurade Royale Denti Dorade

E : Encornet Espadon

F : Fielas

G : Gallinette Girelle Gobie Grondin

H : Homard

J : Jols delices de Mediterranee Servis au Petit Nice

L : Langouste Liche Lisette Loup

M : Maquereau Marbré Merlan Mérou Morue Mostelle Muge Murène

O : Oursin

P : Pageot Pagre Pataclet Pélamide Poissons de roche Poisson sabre Poulpe

R : Raie Rascasse Roucaou Rouget

S : Saint-Pierre Sar Sar tambour Sardine Saoupe Sarran Sebaste Seiche Seriole Sole

T : Thon rouge Totène Turbot

V : Veirade Verdao Vive Vieille

LA MEDITERRANEE EST SOUVERAINE

Car ce n’est au final pas le Chef qui décide du menu, mais la mer et les pêcheurs, comme le rappelle l’inscription omniprésente sur les cartes du restaurant : « LA MÉDITERRANÉE EST SOUVERAINE ».

Au Petit Nice, depuis Germain Passedat, fondateur de l’établissement, on a toujours travaillé avec les pêcheurs, Jean-Paul Passedat, père de Gérald, continuant aussi la tradition. Gérald Passedat a affiné sa collaboration avec les pêcheurs locaux en bonne intelligence, fidélisant et agrandissant ce cercle de pêcheur par sa fiabilité, son respect de leurs prix, discutant des bonnes pratiques de pêche, élaborant avec eux un cahier des charges respectueux des tailles et des saisons, revendiquant les techniques de pêche traditionnelles.

Ainsi, les poissons sont pêchés à la palangre (technique sélective attestée dès le XVIIe siècle à Marseille, importée par les Catalans installés en ville), au casier, au girelier (nasse de jonc traditionnelle) ou même simplement à la main, notamment pour certains coquillages ou pour les anémones de mer.

Le travail délicat de ces orfèvres de la pêche leur vaut de voir leur nom figurer sur la carte du restaurant, car sans eux, pas de cuisine :

  • LA DAURADE EST PRÉSENTE « GRÂCE À LA PÊCHE D’ALAIN »
  • LE LOUP « GRÂCE À LA PÊCHE DE FÉLIX ET GROS LOUIS »
  • LE PAGRE « GRÂCE À LA PÊCHE DE JEAN ET CLAUDE »
  • LA PÉLAMIDE GRÂCE AUX FILETS EN COLIMAÇON DU BATEAU « PISTOLET » AMARRÉ AU VALLON-DES-AUFFES…

Ce cercle –presque une famille- de pêcheurs, c’est le fruit de 20 ans d’échanges au quotidien, de constatations sur le changement climatique encore, affectant la taille des poissons aussi bien que leurs variétés, certaines espèces se faisant plus rare, comme les cigales de mer :

« IL N’Y A PAS DE VÉRITÉ ABSOLUE SUR LA PÊCHE, TOUT EST UNE QUESTION DE RÉGION, DE SAISON, D’ÉVOLUTION DES CONNAISSANCES… » RECONNAÎT LE CHEF AVEC MODESTIE.

Entre économie (assurer le quotidien des pêcheurs) et écologie (préserver les ressources), la pratique raisonnable de la pêche traditionnelle est un équilibre délicat, et la relation entre gastronomie et responsabilité environnementale tendue : cela peut être compliqué au quotidien, reconnaît Gérald Passedat, qui se méfie des diktats et croit avant tout au bon sens quotidien. « Quand dans la pêche du jour se glisse un poisson hors de saison, que doit-on faire? On répond au cas par cas.

En travaillant sur un maximum de variétés et de diversité, on ne peut que réduire la pression sur les espèces trop intensivement sollicitées ». Charge aux clients de comprendre et de se laisser guider… car ici, la Méditerranée est souveraine, tout varie en fonction d’elle…

LES TECHNIQUES

Tout le travail de Gérald Passedat est de trouver la préparation qui magnifiera ces poissons pour préserver la vivacité de leur goût. Ils sont donc traités sous toutes leurs facettes, crus, cuits, marinés, séchés, maturés, grâce à une palette de technique des plus ancestrales aux plus contemporaines qui permet d’explorer de nouveaux territoires, universels et ancestraux.

De la tête à l’arête sans oublier la peau, pas de gaspillage, la dégustation utilise toutes les facettes de poisson pour mieux le révéler.

PETIT ABCDAIRE DES DIVERSES APPROCHES DU CHEF…

ARETES : Celles des gros poissons, riches en collagène, sont séchées puis vieillies plusieurs mois dans le vin blanc, servant ensuite au garum maison, condiment-hommage à cette préparation héritée des romains.

CRU : Particulièrement adapté aux poissons bleus (pélamide, biard, sardine, maquereau,), ni sashimi ni carpaccio, l’épaisseur des tranches est fonction de la finesse de la chair, afin qu’elle soit à son meilleur. Loin des traditions culinaires asiatiques, il s’agit d’inventer une expérience de poisson cru à la méditerranéenne, dans toute sa subtilité.

CUISSONS : Mi-cuit sur peau, poché, vapeur, braisé, grillé, rôti… selon l’épaisseur, la taille, la découpe et l’envie, toute la palette du feu est mise à profit.

FUMET : Les chairs de poissons revenus au sautoir, comme pour la viande, ainsi qu’arêtes et autres parties déclassées du poisson servent de base à la quintessence qui deviendra ensuite sauce, réduit à texture de glace, ou de demi-glace

IKEJIME : La technique d’abattage du poisson à la japonaise n’étant pas traditionnelle en Méditerranée, Gérald Passedat ne l’utilise pas, d’autant plus que cela modifie la texture de la chair du poisson.

PEAU : Affinée au maximum, séchée puis frite, la peau des poissons (LESQUELS ?) devient croquante comme une chips, tel un graton iodé…

SECHAGE : Poutargue, pélamide… le vent du Sud se charge de concentrer leur saveur.

TETE : Comme un sot-l’y laisse, la joue des têtes de poisson, au goût et à la texture bien différentes, deviennent un point d’orgue de la dégustation.

 

TROIS ADRESSES

LE PETIT NICE

Corniche Kennedy – Anse de Maldormé 13007 Marseille
Restaurant gastronomique ***, Restaurant le 1917 
Hôtel *****
Réservations : 04 91 59 25 92 / contact@passedat.fr

 

LE MOLE PASSEDAT MUCEM

1 Esplanade du J4 – 13002 Marseille
Réservations : 04 91 19 17 81/ contact@lemole-passedat.com

 

BRASSERIE LUTETIA

45 Boulevard Raspail 75006 Paris
Réservations : 01 49 54 46 92 / brasserie@hotellutetia.com

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