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LES TROIS JOURS DU CONDOR - FESTIVAL LUMIERE 2021

« Les Trois jours du Condor » – FESTIVAL LUMIERE 2021

Three Days of the Condor

de Sydney Pollack , États-Unis , 1975

Sydney Pollack

Romancier sans succès, Joseph Turner (Robert Redford) travaille comme documentaliste à l’American Literary Historical Society à Washington, paravent d’une section de la CIA. Son travail consiste à déceler, dans les romans policiers et d’espionnage, des traces de fuites ou de nouvelles idées originales à exploiter. Croyant avoir découvert un réseau clandestin au sein même de l’institution, Turner rédige un rapport. Quelque temps après, tous les membres de sa section sont assassinés. Paniqué, Turner contacte en urgence son responsable, sous son nom de code, Condor. Il est invité à se tenir à l’écart de l’enquête, mais choisit de désobéir…

Avec Les Trois Jours du Condor, Sydney Pollack se lance dans le genre ouvertement politique. Tourné après le scandale du Watergate mais avant Les Hommes du président d’Alan J. Pakula (1976), le film s’inscrit dans la vague de films américains des années 70 dont le cœur est la théorie du complot. Adapté du roman du journaliste d’investigation James Grady, Six Days of the Condor, le film a été allégé des ressorts grandiloquents du livre. Michael Henry déclarait à propos du cinéaste : « Rien ne le rebute autant que le manichéisme ou le dogmatisme. De toute évidence, il préfère les individus aux idées, les sentiments aux idéologies, les nuances du gris au contraste du noir et blanc. On reconnaît là une des vertus de cet humanisme indéfectible qui produisit les œuvres les plus généreuses des années 50. » (Positif n°178, février 1976)

Sydney Pollack impose ici une atmosphère oppressante : le ciel se couvre de nuages menaçants, les longues focales rendent imperceptible l’arrière-plan et enveloppent Turner de contours inquiétants. Le film plonge le spectateur dans un New York labyrinthique, truffé de cabines téléphoniques, d’ascenseurs et autres espaces clos, jalonnant la fuite permanente du héros et sa quête contrariée de vérité.

Au-delà d’être un excellent thriller, Les Trois Jours du Condor offre une vision inédite des dessous de la CIA, à la fois secrète, puissante, inhumaine. Le cinéaste met en scène un monde où seules dominent la suspicion et la loi du secret. Le film apparaît aujourd’hui doté d’un caractère intemporel. Dépassant la simple dénonciation d’une conspiration, il évoque la solitude de l’homme au sein d’un système qui éloigne les individus. La méfiance évolue en paranoïa, cette dernière contaminant tout ce qui entoure le fugitif. Pour Sydney Pollack : « Peu de choses expriment la vérité autant que le font les mensonges. » (Positif n°572, octobre 2008).

Les Trois Jours du Condor (Three Days of the Condor)
Etats-Unis, 1975, 1h57, couleurs (Technicolor), format 2.39

Réalisation Sydney Pollack
Scénario Lorenzo Semple Jr., David Rayfiel, d’après le roman Les Six Jours du Condor de James Grady
Photo Owen Roizman
Musique Dave Grusin
Montage Don Guidice
Décors George DeTitta
Costumes Joseph G. Aulisi, Theoni V. Aldredge
Production
Stanley Schneider, Sydney Pollack, Dino De Laurentiis Company, Paramount Pictures, Wildwood Enterprises, Condor Production Company
Interprètes
Robert Redford (Joseph Turner / Le Condor), Faye Dunaway (Kathy Hale), Cliff Robertson (Higgins), Max von Sydow (Joubert), John Houseman (Mr. Wabash), Addison Powell (Leonard Atwood), Walter McGinn (Sam Barber), Tina Chen (Janice Chon), Michael Kane (Wicks), Don McHenry (Docteur Lappe)

Sortie aux États-Unis : 24 septembre 1975
Sortie en France : 21 novembre 1975

Restauration 4K au laboratoire Hiventy en 2019 supervisée par Studiocanal.

Distributeur : Les Acacias

Séances

ACHAT di 10 17h45 – UGC Astoria
présenté par Lucas Belvaux

ACHAT lu 11 17h – UGC Confluence
présenté par Jean Ollé-Laprune (Historien du cinéma)

ACHAT ma 12 20h30 – Cinéma St-Denis
présenté par Lucas Belvaux

ACHAT je 14 20h30 – Caluire
présenté par Clovis Cornillac

ACHAT ve 15 18h45 – Pathé Bellecour
présenté par Jean-Paul Salomé

ACHAT di 17 17h – Cinéma Opéra
présenté par Jean-Paul Salomé

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OUT OF AFRICA - FESTIVAL LUMIERE 2021

« OUT OF AFRICA » – FESTIVAL LUMIERE 2021

de Sydney Pollack , États-Unis , 1985

Sydney Pollack – Grandes projections

1914. Éconduite par son amant, Karen (Meryl Streep), jeune aristocrate danoise, décide d’épouser le frère jumeau de celui-ci, le baron Bror von Blixen (Klaus Maria Brandauer). Elle le rejoint au Kenya où leur projet d’élevage se voit transformé par Bror en plantation de caféiers. Mais délaissée par son mari, Karen tombe sous le charme de Denys Finch Hatton (Robert Redford), chasseur farouchement épris de liberté.

Out of Africa - Souvenirs d'Afrique en Blu Ray : Out of Africa - AlloCiné
Projection au FESTIVAL LUMIERE 2015


« I had a farm in Africa… » C’est de sa légendaire voix rauque que Meryl Streep, campant le personnage principal de La Ferme africaine de Karen Blixen, entame le long flash-back qu’est Out of Africa. Un retour sur la vie de cette Danoise devenue Africaine, fermière sur des terres arides, tandis que l’Europe sombre dans la guerre. Une aventurière flamboyante, mais malchanceuse en amour. Alors, c’est de l’Afrique qu’elle tombe amoureuse, de son métier, de la terre et des Kikuyus.

Sydney Pollack disait du roman qu’il était « une pastorale, un poème en prose ». Une matière riche d’impressions subtiles, quasiment impossibles à retranscrire à l’écran. Le cinéaste fait alors le choix d’un film au classicisme élégant, privilégiant un rythme lent et mélancolique, dont le lyrisme est aussi prégnant que les paysages arides. Une plongée de plus de 2h30 dans l’Afrique des années 20, grâce à des moyens impressionnants. Une ampleur qui lui fera dire plus tard : « Si le film n’avait pas marché, j’aurais vraiment ruiné les studios. » Il obtiendra sept Oscars en 1986.

« Élans de cœur, hymne à la beauté et à l’innocence, exotisme, métaphysique, Out of Africa brasse et embrasse toutes les composantes du matériau cinématographique, en un film qui résume tous les films. Non comme un catalogue ou un album de belles images, mais comme une fresque vibrante, généreuse et grave. Parcourue de part en part par une sorte de tristesse légère et inéluctable, qui est le sentiment même de la vie et la marque de l’art. » (Michel Boujut, L’Événement du jeudi, 27 avril 1986)

Out of Africa
États-Unis, 1985, 2h41, couleurs, format 1.85

Réalisation Sydney Pollack
Scénario Kurt Luedtke, d’après le roman La Ferme africaine et d’autres œuvres de Karen Blixen, ainsi que des ouvrages Karen Blixen de Judith Thurmanet Silence Will Speak d’Errol Trzebinski
Photo David Watkin
Musique John Barry
Montage Pembroke J. Herring, Sheldon Kahn, Fredric Steinkamp, William Steinkamp
Décors Herbert Westbrook, Colin Grimes, Cliff Robinson, Josie MacAvin
Costumes Milena Canonero
Production Sydney Pollack, Terence A. Clegg, Mirage Enterprises, Universal Pictures
Interprètes
 Meryl Streep (Karen), Robert Redford (Denys Finch Hatton), Klaus Maria Brandauer (Bror von Blixen), Michael Kitchen (Berkeley Cole), Malick Bowens (Farah), Joseph Thiaka (Kamante), Stephen Kinyanjui (Kinanjui)

Sortie aux États-Unis : 20 décembre 1985
Sortie en France : 26 mars 1986

Nouvelle copie restaurée.

Distributeur : Universal Pictures

Séances :

ACHAT di 10 15h – Pathé Bellecour
présenté par Anne Le Ny

ACHAT ma 12 19h – UGC Astoria

ACHAT je 14 20h – Décines

ACHAT sa 16 20h30 – UGC Cité Internationale
présenté par Eric Guirado

ACHAT di 17 14h15 – UGC Confluence

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JANE CAMPION, PRIX LUMIERE 2021

La Leçon de piano (1993) – Jane Campion

La cinéaste néo-zélandaise Jane Campion recevra le Prix Lumière lors de la 13e édition du festival Lumière, qui se déroulera à Lyon du samedi 9 au dimanche 17 octobre 2021. C’est un style reconnaissable parmi tous les autres, une esthétique hors du commun et une poésie fulgurante que salue le 13e Prix Lumière en honorant son cinéma

Depuis son premier court métrage, Peel – An Exercise in Discipline (1982, Palme d’Or au Festival de Cannes) jusqu’au triomphe de sa série Top of the Lake, Jane Campion explore les sphères du désir et des relations humaines en livrant une galerie de portraits parmi les plus beaux de l’histoire du cinéma, femmes de tête incarnées par Holly Hunter, Nicole Kidman, Meg Ryan, Jennifer Jason Leigh, Elisabeth Moss ou encore la débutante Anna Paquin qui reçoit l’Oscar à 11 ans pour son rôle dans La Leçon de piano

A l’aube des années 1990, Jane Campion a émergé d’une génération de nouveaux auteurs comme les Coen, Tarantino, Soderbergh, etc. En 1989, la cinéaste (auteure d’une poignée de courts métrages remarqués notamment par Pierre Rissient) débarque avec son premier long Sweetie. Voix off évocatrice, composition photographique des plans, fissure de la normalité jusqu’au malaise… Le style Campion secoue la planète cinéma. C’est avec cette tension provocatrice qu’elle adapte, l’année suivante, le roman de Janet Frame Un ange à ma table, où elle dirige trois actrices pour trois âges de la vie d’une même femme, enfermée dans un asile et qui s’évade par l’écriture

JANE CAMPION PRIX LUMIERE 2021
Prod DB © /DR Jane Campion Realisatrice neo zelandaise nee en 1954 tournage, portrait, lunettes de soleil

Le film suivant, La Leçon de piano, produit avec Pierre Rissient pour la société française Ciby 2000 (qui, dans les années 1990, accueillit Bernardo Bertolucci, David Lynch, Pedro Almodóvar, Emir Kusturica ou Mike Leigh), impose Jane Campion comme une cinéaste majeure. Un projet de longue haleine initié à la fin de ses études mais que son ampleur et son coût repoussaient sans cesse. En 1993, le film, dont la force et le lyrisme sont à rapprocher de l’oeuvre d’Emily Brontë et de la poésie d’Emily Dickinson, remporte la Palme d’Or au Festival de Cannes. Plongés dans la jungle luxuriante de la Nouvelle Zélande, en pays Maori, les acteurs Holly Hunter, Harvey Keitel, Sam Neill et Anna Paquin font merveille dans l’un des films les plus troublants sur le désir.

Jane Campion est au sommet et ne le quittera plus jamais. Que ça soit Portrait de femme (1996), adapté d’Henry James et porté par Nicole Kidman et John Malkovich, le road trip « New Age » Holy Smoke, qui révèle toute lasubtilité du jeu de Kate Winslet, le thriller virtuose In the Cut, remarquable incursion dans le film de genre avec Meg Ryan, Jennifer Jason Leigh et Mark Ruffalo, ou Bright Star, évocation en forme de chef-d’oeuvre de la vie du poète John Keats, chacun de ses films est un événement. D’autant plus fort que Jane Campion est rare. Sept longs métrages en 20 ans qui composent une filmographie unique et un cinéma à la fois personnel et universel.

En 2014, elle surprend avec la série Top of the Lake, dont les deux saisons la placent au coeur de cet art nouveau.
Elle fait partie des cinéastes qui se livrent à l’exercice comme une continuation de leur travail et comme la possibilité de porter leurs voix vers un public différent.

À l’automne prochain, Jane Campion dévoilera son nouveau film, The Power of the Dog, qu’elle a développé pour Netflix. Adapté d’un livre de Thomas Savage, elle y dirige Benedict Cumberbatch et Kirsten Dunst.

Jane Campion fut la première femme à remporter la Palme d’Or et la première réalisatrice Présidente du Jury à Cannes en 2014.
Elle sera la première réalisatrice à le recevoir le Prix Lumière, le «Nobel du cinéma» de la rue du Premier-Film.
La célébrer est une évidence et une fierté. Ce fut aussi l’une des dernières volontés de Bertrand Tavernier.
Elle succédera à Jean-Pierre et Luc Dardenne, Francis Ford Coppola, Jane Fonda, Wong Kar-wai, Catherine Deneuve, Martin Scorsese, Pedro Almodóvar, Quentin Tarantino, Ken Loach, Gérard Depardieu, Milos Forman et Clint Eastwood.
La remise du Prix Lumière aura lieu à Lyon le vendredi 15 octobre 2021.

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LUMIERE 2020 : A BOUT DE SOUFFLE

Lumière accueille cette année une grande partie de la section Cannes Classics, la sélection de films restaurés du Festival de Cannes.

Les 20 ans de  In the Mood for Love de Wong Kar-wai, les 60 ans d’À bout de souffle et de L’avventura, des grands auteurs (Federico Fellini, Pier Paolo Pasolini), des redécouvertes des éditions de Cannes des décennies 60, 70 et 80,  le premier film de Melvin Van Peebles  et d’autres trésors du cinéma à revoir  ou à découvrir.

À Marseille, Michel Poiccard (Jean-Paul Belmondo) vole une voiture américaine : direction Paris. Sur la route, il est bientôt pris en chasse par un motard. Paniqué, Michel l’abat et s’enfuit. Le lendemain, à Paris, il rencontre une jeune Américaine, Patricia (Jean Seberg), avec laquelle il a une liaison.

En partant d’un scénario écrit par François Truffaut, Godard compose un film semi-improvisé, bardé de références au cinéma américain et formellement insolent. Le noir & blanc rugueux de Raoul Coutard souligne une course en avant, mêlée de crimes et d’histoires d’amour.

Lauréat du prix Jean Vigo 1960, le film connaît un succès immédiat qui élève Jean-Paul Belmondo, Jean Seberg et Jean-Luc Godard au rang d’icônes.

« À bout de souffle nous révèle un incontestable, un très grand talent. Jean-Luc Godard, qui n’a pas trente ans est une « bête de cinéma ». Il a le film dans la peau. […] Sur le plan technique, aucun moins-de-trente-ans n’avait encore récemment jeté bas avec une telle maestria les vieux échafaudages. Godard a flanqué au feu toutes les grammaires du cinéma et autres syntaxes du film. » (Georges Sadoul, Les Lettres françaises, 31 mars 1960)

Réinvention du cinéma, montage neuf, explosion de tous les principes, désinvolture absolue… À bout de souffle est un éclair radical dans le cinéma français. À la fin des années 50, ce film marque le début de la « modernité », de la Nouvelle Vague, de la légende Godard.

Cette œuvre est aussi une plongée intimiste, presque documentaire, entre polar et nihilisme, dans un Paris romantique.

« Godard a été le plus grand dynamiteur des structures anciennes. Son œuvre incandescente est une gerbe de fusées contre le cinéma desséché des temps morts. Cette écriture d’un modernisme triomphant et narcissique, ne cesse de signifier le moment premier du cinéma qui s’invente. Elle signale à chaque instant, dans chacun de ses procédés, que le film est une entreprise intense ». (Jean-Claude Bonnet, Cinématographe n°37, avril 1978)

À bout de souffle France, 1960, 1h29, noir et blanc, format 1.33

Réalisation, scénario et dialogues Jean-Luc Godard d’après un scénario original de François Truffaut

Photo Raoul Coutard

Musique Martial Solal, Wolfgang Amadeus Mozart

Montage Cécile Decugis

Production Georges de Beauregard, Société Nouvelle de Cinématographie, Imperia Films

Interprètes Jean-Paul Belmondo (Michel Poiccard), Jean Seberg (Patricia Franchini), Henri-Jacques Huet (Antonio Berutti), Daniel Boulanger (l’inspecteur Vital), Roger Hanin (Carl Zombach), Jean-Pierre Melville (l’écrivain Parvulesco), Van Doude (le journaliste américain), Michel Fabre (l’adjoint de l’inspecteur Vital), Richard Balducci (Luis Tomatchoff), Claude Mansard (Claudius Mansart), Liliane David (Liliane)

Sortie en France 16 mars 1960

Présentation à la Berlinale juin 1960

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LUMIERE 2020 – DEUX JOURS, UNE NUIT

Vendredi. Sommés par leur patron de choisir entre leur prime de fin d’année et le maintien du poste de Sandra (Marion Cotillard), les seize collègues de la jeune femme ont tous choisi leur prime

Sandra, motivée par son mari Manu (Fabrizio Rongione), convainc son patron d’attendre lundi pour faire à nouveau voter l’équipe. Elle a un week-end pour persuader ses collègues de la laisser garder son emploi

Dans son très beau livre, Sur l’affaire humaine (Seuil), Luc Dardenne écrit :

« Comment sortir de la peur de mourir sans tuer ? Voilà l’affaire humaine. »

Tous les films des frères racontent cette affaire humaine et tous, celui-ci plus encore que les précédents, répondent comme Luc :

« Devenir vivant et s’aimer, s’aimer soi-même et aimer l’autre, c’est-à-dire s’aimer comme séparés. Voilà le dénouement possible de l’affaire humaine. » (Jean-Dominique Nuttens, Positif n°639, mai 2014)

Né de la lecture de la nouvelle Le Désarroi du délégué, issue de La Misère du monde de Pierre Bourdieu, et de nombreux articles dans la presse internationale, Deux jours, une nuit est un portrait de femme en temps de crise, et celui, en creux, d’une société qui met les siens en concurrence – une concurrence d’une rare violence.

Marion Cotillard, nouvelle venue dans le cinéma des frères Dardenne, campe Sandra. Sortant de dépression, absente de son entreprise, elle est battue d’avance. Elle est exclue car perçue comme « non-performante ». Portée par un mari aimant (Fabrizio Rongione, un fidèle de la tribu des cinéastes), Sandra décide de se battre. Et comme partie en campagne électorale pour elle-même, elle fait du porte-à-porte

Rencontrant ses collègues un à un, elle leur répète les mêmes mots, avance les mêmes arguments. Mais chaque rencontre est différente : les regards, le décor, la réponse. Car il n’y a ni bons, ni méchants, seulement des humains qui ont tous une bonne raison de faire leur choix

Rencontre entre recherche d’un réalisme brutal et écriture dramatique ciselée, Deux jours, une nuit ajoute la notion de suspense à l’œuvre des Dardenne, sans jamais trahir leur engagement, toujours extrêmement fort, pour leur sujet.

« Il y a cette force supérieure qui anime depuis toujours les Dardenne, une forme d’empathie dans le regard, une expérience du monde qui fait qu’aucune scène, même la plus mélodramatique, ne paraîtra jamais fabriquée ou artificielle. Appelons cela le cœur intelligent. » (Romain Blondeau, Les Inrockuptibles, 21 mai 2014)

Deux jours, une nuit Belgique, France, Italie, 2014, 1h35, couleurs, format 1.85

Réalisation & scénario Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne

Photo Alain Marcoen

Montage Marie-Hélène Dozo

Musique Petula Clark, Van Morrison, The Cousins, Olibwoy

Décors Igor Gabriel

Costumes Maïra Ramedhan-Levi

Production Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne, Denis Freyd, Les Films du Fleuve, Archipel 35, Bim Distribuzione, Eyeworks Film & TV Drama, France 2 Cinéma, RTBF, Belgacom

Interprètes Marion Cotillard (Sandra), Fabrizio Rongione (Manu), Catherine Salée (Juliette), Baptiste Sornin (M. Dumont), Pili Groyne (Estelle), Simon Caudry (Maxime), Alain Eloy (Willy), Lara Persain (la femme de Willy), Myriem Akheddiou (Mireille)

Présentation au Festival de Cannes 20 mai 2014

Sortie en Belgique 21 mai 2014

Sortie en France 21 mai 2014

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LUMIERE & L’INSERTION PROFESSIONNELLE

Le festival Lumière participe à l’insertion professionnelle des réfugiés et des personnes en situation de précarité

Le festival Lumière, en lien avec la Préfecture du Rhône et, aujourd’hui, la Préfecture de Région, organise une opération, dans le cadre de la quinzaine de l’intégration, visant à permettre aux personnes réfugiées, de se rapprocher de l’emploi depuis 2012.

Le principe est de proposer à des personnes accompagnées par des structures d’insertion d’être intégrées aux équipes de bénévoles durant le festival de cinéma Lumière. Cette action a, depuis quelques années, favorisé la diversité de la participation des citoyens à l’organisation du festival, la mise en œuvre de compétences spécifiques dans le cadre de parcours d’insertion professionnelle, la création de liens et la valorisation des personnes et de leur place sur le territoire qui les accueille et où elles habitent. Par ailleurs, une mise en lien avec des entreprises partenaires (EDF et groupe Adéquat) est organisée à l’issue du festival (rencontres entreprise, présentation métiers, job dating, offres de stages et autres contrats de travail).

Les bénévoles suivent une formation de deux heures, voire plus, à leur mission. Le festival Lumière les accompagne sur le terrain pour veiller à leur bonne intégration et au bon déroulé de leurs missions, en lien avec les équipes du festival.

Le festival vise aussi à offrir une ouverture culturelle à ces bénévoles. Ils bénéficient d’une visite guidée du musée Lumière, d’un atelier en lien avec le cinéma et de séances de cinéma préparées.

En 2019, presque 150 personnes, dont 20 venues de Clermont Ferrand et du Puy-de-Dôme ont participé à l’action !

En 2020, de nombreuses associations et leurs membres s’engagent pour participer à l’organisation et au déroulement du festival mobilisant différents publics :

  • Personnes réfugiées : Forum réfugiés Rhône et Clermont-Ferrand, Singa, Passerelles Buissonnières, Ifra, Côté Projets, Langues comme une
  • MNA : foyers Matter
  • Personnes placées sous main de justice : Programme Devenirs
  • ASE : sauvegarde de l’enfance
  • Jeunes adultes (18-25 ans) en ruptures : l’Epide
  • Personnes en situation de handicap psychique : Clubhouse Lyon
  • Tout public (demandeurs d’emploi, jeunes, adultes…) : Ifra Cultur’ailes, Pôle Emploi, Mission Locale (via la maison Lyon pour l’emploi)

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LUMIERE 2020 – LA CHAIR ET LE DIABLE

Visite au cinéma muet avec, au programme, deux ciné-concerts au sein de l’Auditorium de Lyon : La Chair et le Diable de Clarence Brown, début de la fructueuse collaboration entre le cinéaste et la divine Greta Garbo, accompagné par l’Orchestre national de Lyon sous la direction de Timothy Brock, sur une musique de Carl Davis, et La Femme et le pantin de Jacques de Baroncelli, accompagné à l’orgue par Paul Goussot.

LA CHAIR ET LA DIABLE – 1926 – FLESH AND THE DEVILDE

Elèves-officiers, Leo von Harden (John Gilbert) et Ulrich von Eltz (Lars Hanson) sont amis depuis l’enfance. Lorsqu’il rencontre Felicitas (Greta Garbo), Leo succombe immédiatement à sa beauté renversante.

Naît alors une folle passion entre les deux amants, qui un soir sont surpris par le mari de Felicitas. Le duel est inévitable, le mari meurt et Leo est envoyé pour cinq ans en Afrique. Ulrich doit veiller sur la veuve pendant l’absence de son ami…

« Greta Garbo avait quelque chose que personne n’avait jamais eue à l’écran. Personne. Je ne sais pas si elle était consciente qu’elle l’avait, mais elle l’avait. […] Pour moi, Garbo commence là où tous les autres s’arrêtent. » (Clarence Brown, cité par Kevin Brownlow, La parade est passée, Actes Sud / Institut Lumière)

La Chair et le Diable est un tournant. Premier film de Clarence Brown pour la MGM, au sein de laquelle il restera plus de vingt ans, mais aussi premier des sept films qu’il tournera avec Greta Garbo, récemment arrivée d’Europe. Et sans doute, le film qui la confirme en tant que star.

Clarence Brown offre ici à celle que l’on nommera bientôt « La Divine » un superbe écrin. L’image et la lumière (la scène de la cigarette éclairée à l’ampoule cachée) participent d’une parfaite beauté plastique, le montage subtil exalte le tempo des mouvements, les gros plans et les détails disent l’action à la place des cartons (le liseré noir sur le mouchoir annonçant le deuil…).

Dans ce tragique triangle amoureux, Greta Garbo joue a égalité avec les hommes, inversant parfois les rôles et dominant le jeu de séduction.

Clarence Brown ignore la censure, tournant des scènes à l’érotisme chargé de symboles, d’une audace troublante pour l’époque : dans une église, Garbo tourne le calice tendu par le prêtre pour y boire du côté touché par les lèvres de Gilbert ; la scène où, lovés l’un contre l’autre, les deux amants, sur le point de s’embrasser, partagent une cigarette…1h52, noir et blanc, format 1.33

Réalisation Clarence Brown

Scénario Benjamin Glazer, d’après le roman « L’indestructible passé de Hermann Sudermann »

Photo William Daniels / Montage Lloyd Nosler / Décors Fredric Hope, Cedric Gibbons / Production M.G.M

Interprètes John Gilbert (Leo von Harden), Greta Garbo (Felicitas), Lars Hanson (Ulrich von Eltz), Barbara Kent (Hertha), William Orlamond (l’oncle Kutowski), George Fawcett (le pasteur Voss), Eugnie Besserer (la mère de Leo), Marc MacDermott (Count von Rhaden), Marcelle Corday (Minna)

Sortie aux Etats-Unis 25 décembre 1926 / Sortie en France novembre 1928 / En partenariat avec Warner Bros

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FESTIVAL LUMIERE 2019 – Séance de clôture

Saïgon, pendant la guerre du Viêt-nam. Le capitaine Willard (Martin Sheen) se voit confier une mission par l’état-major américain : retrouver et éliminer le colonel Kurtz (Marlon Brando). Willard, à bord d’une vedette, remonte la rivière qui le sépare de Kurtz, traversant la jungle et l’horreur des combats…

Apocalypse Now n’était pas un film sur le Viêt-nam ; c’était le Viêt-nam…

Apocalypse Now Final Cut États-Unis, 1979, 3h02. Réalisation : Francis Ford Coppola. Musique : Carmine Coppola, Francis Ford Coppola, The Doors, The Rolling Stones, Robert Duvall….

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FESTIVAL LUMIERE : Remise du Prix Lumière 2019 à Francis Ford Coppola

Depuis 2009, le Prix Lumière récompense une personnalité du cinéma pour l’ensemble de son œuvre et pour le lien qu’elle entretient avec l’histoire du cinéma. Cette personnalité est ainsi célébrée dans la ville natale du Cinématographe Lumière, Lyon, et à l’endroit même où il a été inventé : rue du Premier-Film.

Remis chaque mois d’octobre lors du festival Lumière, en présence de nombreux artistes et de 3 000 spectateurs dans la grande salle du Centre de Congrès de la Cité internationale, le Prix Lumière se distingue par la qualité de ses lauréats mais aussi son impact médiatique.

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FESTIVAL LUMIERE 2019 – La Piscine de Jacques Deray

Marianne (Romy Schneider) et Jean-Paul (Alain Delon) profitent de journées ensoleillées sur les hauteurs de Saint-Tropez, autour de la piscine d’une belle propriété. Harry (Maurice Ronet), un ami, et sa fille Pénélope (Jane Birkin) les rejoignent. L’atmosphère devient électrique.

Dans ce huis clos, quatre personnages sont aux prises avec leur désir et leur jalousie ; le cinquième pourrait être la Nature – omniprésente -, chargée de sensualité et d’un drame latent.

La Piscine France, Italie, 1969, 2h14. Réalisation Jacques Deray. Musique Michel Legrand.

Parmi les Grandes projections du Festival Lumière 2019 :

  • Pathé Bellecour (lundi 14/10 à 20h)
  • UGC Confluence (mardi 15 à 11h)
  • UGC Astoria (vendredi 18 à 19h45)
  • Pathé Vaise (dimanche 20 à 16h30)

 

 

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